Médical

Pratiquez-vous l’euthanasie?

Oui, malheureusement, nous devons avoir recours à l’euthanasie. Aucun professionnel du monde animal n’aime pratiquer l’euthanasie lorsqu’elle n’est pas justifiée par une raison de santé ou de bien-être animal.

Le refuge SARS ne refuse aucun animal provenant de nos villes partenaires (Boucherville, Longueuil et Saint-Bruno-de-Montarville), quel que soit leur état de santé physique ou leur comportement. Il nous faut donc gérer des populations dont le volume varie beaucoup selon le nombre d’admissions d’animaux, en plus de nous occuper d’animaux dont l’état diffère, certains étant propices à l’adoption, d’autres dangereux ou mourants. Ces animaux appartiennent à la communauté.

La grande affluence d’animaux en refuge est le reflet d’un problème de la communauté. Ces animaux et cette problématique appartiennent à toute la communauté. La tâche ingrate de l’euthanasie est un fardeau qui revient au refuge, mais c’est le manque de responsabilisation à l’égard des animaux de chacun des membres de la communauté qui mène à cette fatalité.

Sur une note plus encourageante, il est bon de savoir que depuis l’arrivée des Services Animaliers sur la Rive-Sud de Montréal, le pourcentage d’animaux sauvés augmente de 10 à 15% par année. Désormais, aucun chien propice à l’adoption ou transférable à des organismes partenaires n’est euthanasié.

Comment procédez-vous aux euthanasies?

En tout temps, de la prise de décision à la procédure, il nous importe de traiter l’animal dans le plus grand respect, même lorsque l’animal est difficile. La décision d’euthanasier un animal est prise par un groupe de personnes incluant des membres de la direction, du personnel à l’adoption, au comportement et de la clinique vétérinaire, afin que l’avis de chacun soit entendu et que toutes les options soient considérées.

Lorsque, de façon concertée, on décide d’euthanasier l’animal, on lui donne une sédation puissante afin qu’il ne ressente aucune douleur physique et qu’il n’ait aucun stress psychologique. L’animal se retrouve alors à un stade équivalent à une anesthésie de chirurgie. Une fois l’animal tranquillisé, nous vérifions une seconde fois la date d’admission de l’animal, son statut légal et s’il a une marque d’identification (médaille, collier avec adresse ou micropuce), la première vérification ayant été faite lors de son admission. Nous procédons ensuite à l’euthanasie par injection intraveineuse. Deux constats de la mort de l’animal sont effectués, avec un intervalle de temps entre chacun. L’animal mort est ensuite emballé et réfrigéré en attendant qu’une entreprise spécialisée en incinération animale vienne récupérer les dépouilles.

Où vont les carcasses des animaux euthanasiés?

Les animaux sont toujours manipulés avec respect, même après leur mort. Ils sont disposés dans une chambre froide en attendant qu’une entreprise spécialisée dans la crémation d’animaux de compagnie vienne récupérer les dépouilles.

Pourquoi n’offrez-vous pas la stérilisation à toute la population animale?

Les cliniques vétérinaires du Québec offrent déjà un service de stérilisation de grande qualité. Ce service étant déjà comblé dans la communauté, il serait contre-productif de s’occuper de la stérilisation de tous les animaux.

Le rôle du SARS est de stériliser les animaux qui n’ont pas la chance d’être vus en clinique vétérinaire, soit parce qu’ils sont errants ou parce que leurs propriétaires sont dans une situation financière difficile. Nos villes partenaires ont fait le choix de société de prendre soins des animaux. C’est pour cette raison que nous sommes en mesure de leur offrir des soins de qualité.

Qu’est-ce qu’une micropuce?

De la taille d’un grain de riz, la micropuce est une puce électronique insérée sous la peau de l’animal, entre ses omoplates. Chaque puce possède un numéro unique lié à une base de données où sont conservées les coordonnées du propriétaire et de l’information sur l’animal. La micropuce est permanente; il n’y a aucun risque qu’elle soit perdue ou effacée comme le seraient un tatouage, une médaille ou une étiquette d’identification en plastique.

Un appareil permet de lire et d’obtenir rapidement les coordonnées du propriétaire de l’animal perdu. Lorsqu’un animal perdu est retrouvé et conduit dans un refuge ou une clinique vétérinaire, il est scanné pour détecter la présence d’une micropuce électronique. Cela permet de contacter aussitôt le propriétaire.

Prenez-vous soin des animaux malades?

L’état de santé des animaux admis au refuge varie de l’un à l’autre. Ainsi, les soins apportés à chacun sont déterminés au cas par cas.

Aux animaux sans problème de santé apparent, on procure un ensemble de soins préventifs pour préserver leur santé et les protéger dans cette période stressante. Des vaccins, des médicaments antiparasitaires, une nourriture de qualité adaptée à leurs besoins et un environnement bio-sécuritaire leur sont offerts. Prévention et stabilité permettent d’assurer une bonne santé dans la majorité des cas.

Aux animaux dont la vie n’est pas en danger de façon imminente, on procure dès l’admission un ensemble de tests diagnostiques, d’interventions chirurgicales et dentaires ainsi que des traitements médicaux selon leur condition. L’équipe médicale prodigue tous les soins nécessaires afin que ces animaux soient confortables et qu’on tienne compte de tous leurs problèmes. Les problèmes les plus souvent observées et pris en compte sont des infestations parasitaires, des négligences dentaires importantes, des otites, des infections de la peau, des maladies infectieuses dont le niveau de gravité est variable, des troubles métaboliques ou urinaires, des troubles d’anxiété, des traumas, pour n’en nommer que quelques-uns.

Grâce à la compétence de son équipe, à la qualité de ses installations et aux partenariats avec les vétérinaires de la région, SARS a la capacité de soigner la quasi-totalité des problèmes de santé pouvant affecter un animal.

Au-delà de la santé et du bien-être de l’animal lors de son passage au refuge, c’est la communauté qui, au bout du compte, choisit quels animaux seront sauvés. En effet, les adoptants et les groupes de sauvetage acceptent difficilement les animaux ayant certains problèmes de santé. Des animaux sont donc laissés de côté en raison de problèmes facilement traitables, dans la mesure où l’on comprend qu’un animal est un être vivant dont la santé sera en jeu un jour ou un autre dans sa vie. La communauté rejette ainsi une foule de très bons animaux parce qu’elle ne désire pas d’un être vivant « brisé » à leurs yeux. Ce rejet empêche donc le refuge de sauver certains animaux.

Dans le cas des animaux dont le pronostic est sombre à l’admission (chance de survie très faible à court terme), notamment en raison d’un trauma sévère, d’une négligence chronique ou d’une condition médicale ignorée, les vétérinaires du refuge doivent prendre une décision en tenant compte du mieux-être de l’animal. L’équipe doit choisir entre tenter des soins intensifs ou accompagner immédiatement l’animal dans l’euthanasie, cela dans l’intérêt de l’animal. Laisser mourir un animal de lui-même n’est pas une option acceptable pour SARS.